Photo © Fotakis-DurandUne part considérable des surfaces urbaines aménagées est aujourd’hui occupée par des zones d’activités, de commerces, d’artisanat ou d’industrie. Longtemps considérés comme des territoires périphériques ou purement fonctionnels, ces ensembles constituent pourtant une composante majeure de la ville contemporaine. Ils se caractérisent par une urbanisation mixte organisée autour de l’usage de la voiture, une diversité de programmes, des architectures composites, une économie constructive assumée et une grande liberté d’expression formelle. Ces paysages ordinaires, souvent difficiles à qualifier, sont pourtant le reflet de transformations économiques, techniques et territoriales qui façonnent durablement nos environnements.
Ces territoires demeurent encore peu étudiés et peu enseignés. Pourtant, dans un contexte marqué par l’épuisement des ressources et la raréfaction des sols disponibles, leur compréhension devient indispensable. Ils constituent une matière déjà construite dont les potentiels restent largement à explorer. Le cours propose de porter un regard attentif, curieux et résolument optimiste sur ces espaces. Il défend l’idée que ces paysages ordinaires méritent une attention comparable à celle portée au patrimoine. Il ne s’agit ni de les célébrer ni de les condamner, mais de les regarder avec suffisamment de précision pour comprendre comment ils sont fabriqués, les espaces qu’ils génèrent, et les potentiels qu’ils contiennent.
Le cours vise à développer la pratique du dessin comme outil d’analyse et d’enquête. À travers une documentation attentive d’objets sélectionnés, les étudiant·es seront amené·es à :
Le cours débutera par une visite collective – l’arpentage – d’une zone d’activités de la périphérie de Fribourg, qui constituera le terrain d’étude de base. À partir de cette visite, chaque étudiant·e sélectionnera plusieurs constructions qu’il ou elle proposera au groupe afin d’établir un corpus commun.
Le travail hebdomadaire consistera principalement à produire une série de dessins analytiques des bâtiments retenus. Les types de documents (plans, coupes, façades), leur nombre, leur échelle ainsi que leur format seront définis collectivement au début du semestre et resteront identiques pour l’ensemble du corpus afin de développer une étude comparative efficace. Le cours privilégie volontairement une production limitée mais exigeante. L’objectif est de consacrer le temps nécessaire à la qualité de l’observation, à la précision du dessin et à la cohérence de l’ensemble. Les travaux réalisés alimenteront une publication collective dont le format sera défini au cours du semestre.