Yumeshima

Vivre le paysage du Ring, Expo d’Osaka 2025

JMA-FR TRAVAIL DE MASTER SP 2026

Image: Manon Richard

L’émotion constitue le point de départ du projet. Les expositions universelles sont des dispositifs d’expériences sensibles intenses : émerveillement, fascination, peur ou oppression. À Yumeshima, ces émotions deviennent un outil de conception pour penser l’après Expo 2025, en prolongeant les intensités du site à travers des atmosphères contrastées, issues des interactions entre paysages, infrastructures et formes de vie.

Après l’exposition, Yumeshima entre dans une phase de recomposition. Île artificielle portuaire fragmentée, elle réunit aujourd’hui des entités aux atmosphères fortes : logistique de conteneurs, infrastructures énergétiques, présence d’oiseaux migrateurs perturbés par l’Expo, et futurs usages urbains. Le projet vise à redonner une cohérence à cet ensemble en travaillant les continuités émotionnelles plutôt qu’en séparant les fonctions. Dans un contexte de crise du logement à Osaka, l’île devient également un potentiel d’habitat à densifier.

Les oiseaux migrateurs occupent une place centrale dans cette lecture du territoire. Yumeshima constitue une étape essentielle de leurs trajectoires, offrant repos et alimentation dans la baie d’Osaka. Le projet cherche ainsi à rétablir une cohabitation sensible entre activités humaines et dynamiques écologiques, en intégrant des espaces favorables à la faune et des situations d’architecture attentives à la résonance, à l’élévation ou à l’englobement.
À l’opposé, la zone logistique des conteneurs forme un paysage d’intensité industrielle, générant des émotions de sublime, d’aliénation et d’oppression liées à l’échelle des infrastructures et à la densité des flux. Ce paysage devient une matière à requalifier, en développant des porosités avec les autres usages sans en effacer la puissance propre.
Les champs de panneaux solaires participent également à cette identité. Ils produisent des sensations paradoxales d’aliénation, d’englobement et de dissolution, entre fascination technologique et abstraction du paysage. Intégrés au projet, ils deviennent des surfaces actives, à la fois énergétiques et spatiales, renforcées par de nouveaux programmes en périphérie pour mieux les articuler aux activités de l’île.

Le Grand Ring, plutôt que d’être démantelé et transformé en bois de chauffage, est conservé comme structure fondatrice. Réinvesti, il accueille des habitations et des espaces collectifs en son intérieur. Cette transformation densifie son centre tout en développant ses abords, créant un équilibre entre intensité urbaine et respiration paysagère. Le Ring devient ainsi une armature habitée, support d’une nouvelle organisation de l’île.

L’ensemble du projet vise à articuler les différents acteurs de Yumeshima : habitants, travailleurs, chercheurs, systèmes énergétiques et biodiversité, en les mettant en relation plutôt qu’en opposition. En ajoutant des programmes en équilibre avec le reste, il s’agit de construire un territoire plus cohérent, capable d’accueillir des usages multiples sans effacer leurs spécificités.

Ainsi, Yumeshima devient un territoire de tensions et de continuités, où l’architecture agit comme médiatrice entre des mondes hétérogènes. Les contrastes émotionnels deviennent le matériau principal du projet, fondant une identité sensible unique, construite sur l’intensité des expériences et la coexistence des usages.

Ort
Fribourg
Semester
2026 Printemps
Module
JMA-FR TRAVAIL DE MASTER SP 2026
Stakeholders
  • Manon Richard - Student
  • Götz Menzel - Professeur
  • Charlie Jolliet - Expert externe