Image : Beatriz-Stéphani Freitas„La Fabrique du Commun“ prend place sur le site industriel qui regroupe plusieurs anciennes industries dont l’ancienne chocolaterie Villars, au cœur du plateau de Pérolles à Fribourg.
Ancienne zone industrielle de la ville, ce quartier s’est progressivement transformé en un pôle d’enseignement et en un secteur majoritairement résidentiel. Dans ce contexte de mutation urbaine, le site de l’ancienne chocolaterie constitue l’une des dernières friches en attente encore présentes dans la ville.
Le projet s’inscrit dans une prise de position face aux modes de transformation actuels. Alors que la réponse aux vides urbains passe souvent par une densification et une programmation fortement définie, il propose de considérer ces espaces comme des ressources urbaines. Des lieux capables d’accueillir des usages évolutifs, des expérimentations et des acteurs qui participent à fabriquer la ville autrement.
L’intervention s’appuie sur les qualités déjà présentes du site. Son patrimoine industriel, reconnu par son classement ISOS en catégorie A, constitue un support de projet plutôt qu’une contrainte. Les bâtiments existants, la substance bâtie, les quais, les silos, les citernes et les espaces extérieurs sont considérés comme les témoins d’une mémoire productive à partir de laquelle une nouvelle dynamique peut émerger.
A l’échelle du quartier, le projet cherche à renforcer un réseau afin d’unifier par des continuités paysagères. Situé entre la ville densifiée et les rives de la Sarine, le site bénéficie d’une position stratégique renforcée par l’arrivée de la future voie verte. Des interventions légères inspirées de la logique du tiers paysage permettent d’accompagner la renaturation progressive du campus, de créer des espaces de rencontre et d’améliorer le confort climatique tout en conservant le caractère industriel du lieu.
A l’échelle du site, le projet repose sur l’idée de créer une nouvelle dynamique entre production, transmission et vie collective. Le rez-de-chaussée s’organise autour d’une ceinture productive regroupant ateliers, artisans, espaces de fabrication et lieux de savoir-faire. Cette interface active rend visibles les activités du site et établit un lien direct avec la ville. Plusieurs espaces communs viennent compléter ce dispositif : une cour expérimentale ouverte à l’appropriation, une halle polyvalente dédiée aux événements, des espaces culturels, une cantine, un laboratoire culinaire ainsi que différents lieux de rencontre. Les étages accueillent quant à eux des activités liées à la production et à la transmission des savoirs. Dans ce scénario, l’école d’architecture occupe l’ensemble de l’aile principale et participe à la dynamique du site à travers un enseignement en lien direct avec la matière, la fabrication et les acteurs présents sur place.
Architecturalement, le projet cherche moins à construire qu’à révéler le potentiel de l’existant. Aucun nouveau bâtiment majeur n’est ajouté. Les interventions consistent à travailler la relation entre les pleins et les vides, à renforcer les espaces intermédiaires et à offrir un cadre capable d’évoluer dans le temps. Trois principes guident cette démarche : libérer certains espaces pour révéler les qualités du bâti, anticiper les évolutions futures grâce à des structures en attente, et permettre l’appropriation à travers des dispositifs flexibles et réversibles.
„La Fabrique du Commun“ propose ainsi de transformer l’ancienne chocolaterie en un écosystème d’acteurs où production, apprentissage, expérimentation et vie collective se rencontrent. Plus qu’un programme figé, le projet imagine un cadre ouvert capable d’accompagner les usages et les transformations futures du site.