Du bureau au climat urbain

Quand la transformation du parc tertiaire devient une ressource pour la ville

TRAVAIL DE MASTER

Ce projet prolonge le travail de recherche mené sur le potentiel de transformation du parc
tertiaire genevois. Face à la pénurie de logements, à la raréfaction du foncier et au
réchauffement climatique, il interroge la capacité de l’architecture à transformer un
immeuble de bureaux partiellement vacant en un support d’habitations adapté aux
conditions environnementales à venir.
Le site, situé au Petit-Lancy, occupe une position stratégique entre la ville et la campagne
genevoise, à la rencontre de la route de Chancy et de la route du Pont-Butin. Cette
situation en fait un laboratoire pertinent pour expérimenter une nouvelle manière de
construire la ville à partir de l’existant plutôt que par la démolition.
Le projet dépasse la seule reconversion programmatique. Il explore différentes stratégies
d’adaptation climatique en considérant le bâtiment comme un véritable écosystème. La
rénovation énergétique s’accompagne d’une transformation de son fonctionnement
thermique : une nouvelle enveloppe en briques de terre crue améliore l’inertie du bâtiment
tout en offrant un confort accru aux espaces publics. Des coursives végétalisées
épaississent la façade, protègent les logements du rayonnement solaire et deviennent des
lieux de rencontre.
Au coeur du bâtiment, l’ancien « pont » est évidé pour laisser place à des jardins
suspendus favorisant les courants d’air et le rafraîchissement par la végétation. Les soussols
sont réinvestis comme des espaces naturellement frais accueillant des cultures en
cave et des usages collectifs. Le vide, la végétation et l’inertie deviennent ainsi de
véritables outils de projet.
Une nouvelle barre bâtie le long de la route de Chancy recompose le front urbain, accueille
des activités publiques en rez-de-chaussée et des logements dans les étages. Elle protège
également le coeur d’îlot des nuisances, créant un espace intérieur plus calme. La
transformation dépasse l’échelle du bâtiment pour requalifier l’ensemble du site. Le tissu
de villas individuelles situé en lisière est conservé mais change de vocation : les
habitations accueillent désormais de petits commerces, des ateliers d’artisanat et des
espaces culturels, tandis que les jardins sont réunis pour former un vaste parc public.
Cette nouvelle continuité paysagère devient un véritable îlot de fraîcheur, renforçant la
présence du végétal et créant un lien entre le quartier, le bâtiment réhabilité et les espaces
ouverts.
Entre le parc et le bâtiment existant, un volume en gradins largement végétalisé accueille
des halls publics adaptables à différents usages, des espaces d’agriculture urbaine, une
médiathèque, ainsi qu’une auberge de jeunesse. Cette nouvelle infrastructure publique
relie les différents programmes du site, tout en participant à son confort par son importante
végétalisation et les espaces ombragés qu’il génère.
Plus qu’un projet de réhabilitation, cette intervention constitue un test des potentiels de
transformation du patrimoine tertiaire face aux défis climatiques. Chaque stratégie
développée, épaissir, compléter, évider, végétaliser, réemployer, forme un catalogue
d’interventions reproductibles, faisant de l’architecture un outil capable d’adapter
durablement la ville existante aux conditions de demain.

Site
Genève
Semestre
2026 Printemps
Module
TRAVAIL DE MASTER
Intervenant-e-s
  • Fanny Briffod - Étudiant
  • Valentin Kunik - Enseignant responsable
  • Barbara Tirone Chabert - Expert interne
  • Amelie Poncety - Expert externe